Le conseil municipal de jeudi 17 mars était le 1er en tant que maire pour M. Guillemin.

Pas d’inflexion en vue : même délégation que son prédécesseur, dont celles de préemption urbain, de ligne de trésorerie et de signature de contrat de prêt de tout type. Nous avons voté contre. J’ai rappelé qu’il y a rarement urgence à réaliser de telles opérations et que dans ces cas, le conseil peut être réuni rapidement. Seul réponse : ce sont les mêmes qu’avait M. PAUMIER.

A noter que lors de la désignation des conseillers au sein des commissions municipales, celui-ci n’est membre titulaire que de la commission des finances. Il est absent de toutes les autres (sauf de la commission éducation et jeunesse où il est conseiller suppléant).

Le débat d’orientation budgétaire (DOB) a pu commencer. C’est une étape fondamentale pour notre commune. Le maire devrait y présenter sa vision locale de la commune, éventuellement les évolutions, ajustements de sa politique au regard du contexte économique, répondre aux interrogations des élus d’opposition. Le DOB n’a permis que de constater que M. Guillemin était dans la continuité de son prédécesseur. Ses interventions ont été rares et courtes, parfois (trop rarement d’ailleurs) pour recadrer les excès de parole d’un conseiller de droite. C’est surtout M VILLEMAGNE, le nouvel adjoint aux finances et M. PAUMIER qui sont intervenus pour répondre à notre intervention et souligné la baisse de la DGF (dotation générale de fonctionnement).

Pour ma part j’ai tenu à souligner qu’en parallèle de cette baisse (certes conséquentes), on peut constater que le gouvernement a mis en place des outils ciblés :

- Création d’un fond d’aide à l’investissement du bloc communal (800 millions d’euros pour des travaux liés à la transition énergétique notamment).

- Elargissement du FCTVA (fonds de compensation pour la TVA / http://www.collectivites-locales.gouv.fr/fonds-compensation-taxe-sur-valeur-ajoutee-fctva) aux dépenses d’entretien des bâtiments, de voiries notamment

- Baisse du taux de cotisation CNFPT à 0,9 au lieu de 1%

Au niveau de notre commune, j’ai relevé aussi quelques chiffres clés :

- L’assiette des impôts a augmenté pour passer de 7,2 millions d’euros pour le DOB de 2014, à 7,46 millions pour ce DOB

- Les droits de mutation ont été estimés dans le DOB  de 2014 à 315 000 euros pour un montant réel final de 558 000. Qu’en sera-t-il en 2016, le DOB 2016 estimant aujourd’hui ceux-ci à 450 000 ?

- Une sur estimation chronique des emprunts à réaliser (1,2 millions envisagés en 2012 et 915 000 en 2013 pour 600 000 de réaliser ces années-là, 996000 en 2014 et 1 millions en 2015, pour aucun emprunt finalement réalisé).

 

Sans détailler plus loin, mon intervention, ce choix d’aborder le DOB sur un aspect technique, permet de montrer, s’il fallait, que des marges de manœuvre existent dans notre commune pour avoir une politique différente que celle tournée uniquement vers le désendettement. D’ailleurs Brigitte a rappelé au cours du débat qu’une situation saine pour une commune, c’est d’avoir un ratio d’endettement inférieur à 8 ans (= durée suffisante pour rembourser toutes ces dettes, si elle n’investissait plus). Saint-Avertin est à moins de 2,5 ans.

 

En conclusion, le produit des impôts locaux, les tarifs des services locaux, augmentent tous les ans, la dette diminue et la marge de manœuvre de la commune augmente. Mais aucune politique en faveur des plus défavorisés, précaires ou isolés n’est à l’ordre du jour – il n’est même pas envisagé d’augmenter les aides aux associations locales.

 

M. Guillemin a sur ces points, confirmé qu’il mènerait la même politique que son prédécesseur, tout en commençant à envisager un recourt à un emprunt pour financer peut-être des investissements de long terme.

 

Sur un volet tout aussi important du DOB - l’évolution des emplois au sein de la commune, le maire actuel n’a pu nous présenter sa politique de gestion des 63 départs en retraite d’ici 2023. Le constat est qu’entre 2011 et 2016, l’effectif des agents titulaires diminue de 17 personnes, et que l’effectif des agents non titulaires augmente de 16. L’impact des entrées et sorties sur le budget est une économie de 128 000 euros. Au lieu de critiquer l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires comme certains élus de droite l’ont pu faire, nous estimons qu’il est urgent de réfléchir à cette évolution et d’avoir un débat constructif sur le sujet.

 

Pour finir ce DOB, et même s’il semble que ce n’est aucunement la priorité de la majorité actuelle (pas un mot sur le sujet en 2h de débat), j’ai souhaité rappeler notre soutien à une régie municipale de l’eau, mais aussi à une juste politique des tarifs, notamment envers la commune de Larçay. Elle reste totalement dépendante de Saint-Avertin pour son alimentation en eau et subit depuis 1993, des tarifs qui me paraissent injustes. Une association de consommateur a d’ailleurs fait une requête auprès du président de la chambre des comptes sur ce point. Là aussi, pas de changement entrevu de notre maire.

 

La seule inflexion (envisagée de sa part) est de réfléchir en 2016 à réarmer les policiers municipaux ! Ce point a en effet été abordé en question diverse à la demande d’un conseiller de droite. Lionel a justement rappelé les raisons de notre désaccord. Ayant assisté au CLSPD (Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance) au cours duquel la proposition a été faite par le Préfet, Lionel a rappelé la position très réservée du maire de Saint-Avertin d'alors. Il a également pointé le problème que cela pose en terme de Valeurs : armer les policiers municipaux n'est pas la réponse la mieux adaptée à un problème aussi grave, et cela a des conséquences symboliques et pratiques qui posent de réelles questions d'éthique. Être armés n'empêchera pas les policiers d'être des cibles pour des terroristes déterminés, et cela conduirait donc à mettre des armes en circulation alors que le besoin ne semble pas aussi flagrant. Or à Saint-Avertin, les missions de la police municipale conduisent les agents à être fréquemment au contact des jeunes et même des très jeunes (contrôle de la sécurité à vélo, accompagnement et/ou encadrement de diverses manifestations festives ou sportives, surveillance de la sortie des écoles). En conclusion de son intervention, Lionel a émis de fortes réserves sur la sérénité des habitants constatant que des armes se retrouveraient en circulation, au contact des plus jeunes habitants de la ville.

 

Enfin, en fin de conseil, à l’occasion d’une délibération portant sur la modification de la saison culturelle, Lionel a reposé une question qu'il avait déjà abordée à plusieurs reprises : qu'en est-il de la tête d'affiche du Festival des Horizons 2016 ? Depuis 2009, et jusqu'en 2014, la saison culturelle de Saint-Avertin était traditionnellement clôturée par un "gros concert", une "belle tête d'affiche", fin mai au Nouvel Atrium. Pour mémoire (et aussi pour rendre une forme d'hommage à la politique culturelle de l'ancien maire), Lionel rappelle que la ville a ainsi accueilli Grand Corps Malade en mai 2009, Juliette Greco en mai 2010, Barbara Hendricks en mai 2011, Manu Dibango en juin 2012, Michel Jonasz en mai 2013 et Michel Boujenah en mai 2014. En 2015, il n'y a pas eu ce "gros concert" au Nouvel Atrium. Monsieur Paumier nous avait alors expliqué que ce spectacle était en quelque sorte "fusionné" avec le Festival des Horizons. Accéder gratuitement à un concert de Sanseverino et de Ben l'Oncle Soul, lors d'une manifestation reprise la même année en gestion directe par la ville et financée en partie par des subventions était une bonne idée, et de la bonne gestion. Lionel poursuit en précisant que sur un plan budgétaire, la question de la tête d'affiche du Festival des Horizons n'est donc pas anodine. S'il ne devait pas y avoir de "gros" concert, le coût pour la ville serait certes moindre, mais de fait, l'offre culturelle s'en trouverait un peu diminuée cette année par rapport aux années précédentes. Symboliquement, c'est un peu dommage ! Car cela signifierait qu'en deux étapes, et de façon discrète, la ville aurait réduit son budget consacré au spectacle vivant. L'analyse détaillée du budget 2016, dans 10 jours, nous en apprendra sans doute plus à ce sujet.